La cire

 

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Petite leçon de cire d’abeille

La composition de la cire d'abeille est complexe. Elle renferme des hydrocarbures saturés, de la céroléine, de la myrécine, des palméates et des substances colorantes. La céroléine constitue sa substance molle et la myrécine, sa substance cristalline. Son point de fusion est à 62/64°C, sa température d’inflammation à 242/250°C. Sa densité est de 0.96/0.97. Elle est soluble dans divers liquides organiques dont l’essence de térébentine.

La cire d’abeille est un corps gras sécrété par l’abeille lors d’une phase de sa vie : du 12è au 18è jour de sa vie, elle travaille à la confection des rayons de cire. Elle est alors « cirière » ou « bâtisseuse ». La production de cire intervient uniquement lorsque certaines conditions sont réunies : température de la ruche de 33/36°C et apports de nectar abondants ; autrement dit, uniquement lors des phases de croissance de la colonie (printemps et été). Pour simplifier, on pourrait dire que, comme nous, l’abeille consomme du sucre pour fabriquer de la graisse ; sauf que son organisme va l’exsuder au lieu de le stocker ! Pour fabriquer 1 kg de cire, l’abeille va ainsi consommer de 6 à 10 kg de sucre. La qualité de la cire dépend donc du sucre utilisé par l’abeille : sucre blanc, sucre roux ou miel. La cire est sécrétée au sein des 8 glandes cirières, qui se situent sous l’abdomen de l’abeille. Chaque écaille de cire pèse 0.m8g, il en faut donc 1 250 000 pour faire 1 kilo de cire. D’abord liquide, elle se solidifie assez vite sous la forme d’une plaquette très fine et brillante. L’abeille la travaille en la faisant passer par les pattes et les mandibules. La chaine formée par les bâtisseuses qui travaillent ensemble permet la formation des rayons de cire, agencés en alvéoles hexagonales. Ces alvéoles vont lui permettre de stocker différentes choses : le miel, le pollen transformé en « pain d’abeilles », le couvain (œufs, larves, nymphes). La cire va s’imprégner des éléments avec lesquels elle est en contact. La cire ayant pour caractéristique de retenir et de stocker certaines molécules comme les résidus de traitement apicoles sans que l’on puisse les purifier de manière simple. De plus, les abeilles peuvent rapporter à la ruche des molécules utilisées en traitement des cultures.

La cire brute que l’apiculteur récupère vient de plusieurs emplacements dans la ruche.

Afin de mieux le comprendre, il convient d’abord d’expliquer que la ruche moderne est organisée en 2 parties distinctes : le corps de ruche (élément qui permet à la colonie de vivre, d’emmagasiner ses réserves pour l’hiver, qui héberge le couvain, …) diffère de la hausse (élément que l’on ajoute pour augmenter le volume de la ruche et récupérer le miel en surplus du corps).

La cire provient donc :

  1. Du corps de ruche. L’apiculteur change en moyenne 2 à 4 cadres par an, noirs des fils de soie du couvain, qui ont vu les traitements antiparasitaires contre le Varroa (acarien) et ce même en BIO !! Ces cadres sont fondus afin de séparer la cire des autres éléments solides. Cette cire est d’un jaune doré tournesol. Son usage doit se limiter à la création de bougies, encaustiques, … ou être nettoyée par des procédés industriels.
  2. Des cadres de hausse. Mais cette cire est assez rare car les cadres de hausse sont rarement renouvelés. Mêmes usages que celle du corps de ruche.
  3. Des opercules. La cire d’opercule est une fine pellicule ajoutée sur le dessus de l’alvéole remplie de miel lorsqu’elle est pleine de miel mature. Ce bouchon hermétique de cire a pour intérêt de rendre étanche l’alvéole et de permettre une conservation très longue durée du miel. Cette cire d’opercule est retirée par l’apiculteur au couteau pour extraire le miel. Elle est sécrétée à chaque miellée, elle est donc jeune et rarement issue d’un nourrissement au sucre blanc ou roux. Cette cire n’a jamais vu aucun produit de traitement contre le parasite des abeilles (varroa), aucun couvain, aucun pain d’abeille (pollen). Ces opercules, une fois épurées, est jaune canari. Elle est la plupart du temps gaufrée par l’apiculteur en feuille pour remplacer les cadres de corps noirs qui ont été fondus.

La cire la plus adaptée à la cosmétologie sera donc incontestablement la cire d’opercule, qu’elle soit labellisée « bio » ou non.

La cire peut être blanchie: la manière la plus naturelle est l’exposition au soleil ; l’industrie préfère l’usage de l’eau oxygénée ou autre produits...

Le saviez-vous ? La cire d’abeille est utilisée comme additif alimentaire sous le numéro E901.

Sources :

Guide des bonnes pratiques apicoles de l’ITSAP

Fiche technique N°616 du Ministère de l’agriculture du Québec

Le rucher de rapport d’Alain CAILLAS

 

Miels, cires pollens de Raymond LAUTIE

The World of Bees de Murray Hoyt