Le miel, c’est quoi ?

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Le miel, c’est quoi ?

Le miel est un sucre simple entièrement naturel, directement assimilable par l’organisme. C’est un produit «vivant» comme les fruits, qui contient en plus des sucres, des vitamines, des oligo-éléments, des diastases et des enzymes, ce qui en fait un médicament naturel.

Description

Le miel est la substance sucrée, de couleur blonde, produite par Apis mellifera à partir de nectar ou de miellat qu’elles entreposent dans la ruche et qui leur sert de nourriture tout au long de l’année. En particulier, elles le stockent dans la ruche pour le consommer plus tard, lors de périodes climatiques défavorables. Il est aussi consommé par d’autres espèces animales, dont l’espèce humaine qui organise sa production à l’aide d’abeilles dites à tort « domestiques », logées dans des ruches.

Les abeilles butineuses ont en charge l’approvisionnement de la ruche. Une fois posée sur une plante à fleurs, l’abeille en écarte les pétales, plonge sa tête à l’intérieur, allonge sa langue et aspire le nectar qu’elle stocke provisoirement dans son jabot (estomac). Le nectar des fleurs a pour fonction d’attirer les insectes pollinisateurs, qui assurent ainsi leur fécondation.

Les abeilles peuvent aussi récolter du miellat, excrétion produite par des insectes suceurs comme le puceron, la cochenille ou le metcalfa à partir de la sève des arbres. Il sera utilisé de la même façon que le nectar de fleur (c’est ce produit de base qui est notamment utilisé pour élaborer le miel de sapin).

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L’élaboration du miel commence dans le jabot de l’ouvrière, pendant son vol de retour vers la ruche. L’invertase, une enzyme de la famille des diastases, est ajoutée, dans le jabot, au nectar. Il se produit alors une réaction chimique, l’hydrolyse du saccharose qui donne du glucose et du fructose.

Arrivée dans la ruche, l’abeille butineuse régurgite le nectar à une ouvrière receveuse (trophallaxie), qui, à son tour, régurgitera et ré-ingurgitera ce nectar riche en eau, en le mêlant à de la salive et à des sucs digestifs, ayant pour effet de compléter le processus de digestion des sucres. Une fois stocké dans les alvéoles, le miel est déshydraté par une ventilation longue et énergique de la part précisément des ouvrières ventileuses. Parvenu à maturité, le miel a une durée de conservation extrêmement longue.

Abeille sur aster

La chaleur de la ruche ainsi que les ouvrières ventileuses, qui peuvent entretenir un courant d’air pendant 20 minutes dans la ruche, provoquent l’évaporation de l’eau. Le miel arrive à maturité lorsque sa teneur en eau devient inférieure à 18% ; il est alors emmagasiné dans d’autres alvéoles qui seront operculées (recouvertes d’une fine pellicule de cire) une fois remplies.

Le scientifique Heinrich a mesuré le volume de travail effectué par les abeilles butineuses. Ainsi, pour produire 500 grammes de miel, les abeilles doivent effectuer plus de 17 000 voyages, visiter 8 700 000 fleurs, le tout représentant plus de 7 000 heures de travail.

Intérêt et usage

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Les bienfaits du miel sont multiples, et différents selon le type de miel.

Le miel renferme moins de calories que le sucre (64 calories contre 84 pour 20 g). Son index glycémique varie d’une espèce à l’autre (32 pour le miel d’acacia et 80 pour le miel mille fleurs) tout en ayant une incidence plus faible sur le taux de sucre sanguin que le sucre ou le saccharose. 

Son efficacité sur certains types de brûlures est attestée : il accélère la cicatrisation des tissus. Il est également utilisé sur d’autres types de plaie, avec une certaine efficacité, plus spécialement avec le miel de thym. Face à l’intérêt thérapeutique du miel, certains laboratoires l’incorporent dans leurs produits.

Il est déconseillé de donner du miel à un enfant de moins d’un an, car une bactérie, Clostridium botulinum, qui n’affecte pas ou peu les adultes ou les enfants plus âgés, peut y être présente.

Toxicité

Les miels de certaines régions du monde peuvent selon la flore butinée par les abeilles se révéler toxiques lors de leurs ingestions par l’homme. Des accidents très rares, liés à leurs consommations, sont rapportés depuis l’Antiquité. Ils sont dus à la présence d’andrométoxine, toxine issue du nectar de certaines variétés d’azalées, de kalmias.

Composition

  • Des glucides (sucres) en grande quantité : 78 à 80 %, représentés essentiellement par du fructose (ou lévulose) : 38 %, glucose (ou dextrose) : 31 %, ainsi que du maltose, du saccharose (ou sucrose) et divers autres polysaccharides (mélibiose, turanose, mélézitose…).
  • De l’eau : Variable selon la maturité du miel lors de sa récolte, max. 18 %
  • Des protides : moins de 1 %, mais contenant un très grand nombre d’acides aminés libres : acide aspartique, acide glutamique, alanine, arginine, asparagine, cystine, glycine, histidine, isoleucine, leucine, lysine, méthionine, phénylalanine, proline, sérine, tryptophane, tyrosine et valine.
  • Des sels minéraux : de 0,1 % max. pour les miels de nectar et autre, jusqu’à 0,5% (extrait du codex alimentarius) pour les miels de miellat, avec plus d’une trentaine d’éléments déjà inventoriés : aluminium, argent, arsenic, baryum, béryllium, brome, calcium, césium, chlore, chrome, cobalt, cuivre, fer, lithium, magnésium, manganèse, mercure, molybdène, nickel, or, palladium, phosphore, potassium, rubidium, scandium, silicium, sodium, soufre, strontium, titane, vanadium, zinc, zirconium. Ces éléments minéraux ne sont pas toujours tous présents dans un miel déterminé. Par contre, certains le sont systématiquement dans tous les miels et souvent alors en grande quantité, notamment le potassium, premier cation intracellulaire indispensable à la vie. Les miels foncés sont globalement plus riches quantitativement en matières minérales que les miels clairs.
  • Des acides organiques, libres ou combinés sous forme de lactones : 0,3%, le principal d’entre eux étant l’acide gluconique.
  • Un grand nombre de vitamines, dont les quantités, loin de couvrir les besoins journaliers des humains, n’en constituent pas moins un appoint non négligeable. Le miel contient essentiellement les vitamines B1, B2, B3 (ou vitamine PP), B5, B6, C, et accessoirement les vitamines A, B8 (ou vitamine H), B9, D et K.
  • Des lipides (corps gras), en infime quantité, sous plusieurs formes : triglycérides, acides gras (acide palmitique, oléique, et linoléique).
  • De nombreux composés organiques complexes :
  • Des enzymes, dont les principaux sont les amylases alpha et bêta, la gluco-invertase et la gluco-oxydase ; ces enzymes (qui facilitent la digestion des aliments et sont à l’origine de certaines vertus du miel) sont détruites par un chauffage exagéré du miel qu’il y a donc lieu de toujours éviter (la température de la ruche au niveau du couvain étant régulée à 35 °C par les abeilles, il convient de ne pas chauffer le miel au-dessus de 40 °C, si l’on veut lui conserver ses propriétés).
  • Plusieurs facteurs antibiotiques naturels, regroupés sous le nom générique d’inhibine, qui sont en fait de puissants bactériostatiques, c’est-à-dire qu’ils empêchent le développement des bactéries mais ne les tuent pas.
  • De nombreuses autres substances biologiques diverses : un principe cholinergique proche de l’acétylcholine, un principe œstrogène, des flavonoïdes dotés de multiples et intéressantes propriétés physiologiques, des alcools et des esters, des substances aromatiques qui non seulement donnent l’arôme (comme l’acide phénylacétique) et le goût spécifique d’un miel donné, mais qui ont aussi des vertus thérapeutiques, des matières pigmentaires, spécifiques à chaque miel, qui lui donnent sa couleur propre.
  • Et enfin des grains de pollen qui en signent l’origine botanique.

Composition chimique élémentaire

D’un point de vue analyse élémentaire, le miel est donc essentiellement composé de carbone, d’hydrogène et d’oxygène (composants de base des composés organiques). Les teneurs en autres éléments minéraux cationiques sont dans les gammes suivantes, en mg/kg (ppm) :

K : 200 – 1500 Fe : 0,3 – 40 Co : 0,01 – 0,5
Ca : 40 – 300 Zn : 0,5 – 20 Cr : 0,1 – 0,3
Na : 16 – 170 Mn : 0,2 – 10 Pb : < 0,02 – 0,8
Mg : 7 – 130 Cu : 0,2 – 6,0 Cd : < 0,005 – 0,15
Al : 3 – 60 Ni : 0,3 – 1,3  

Bien que certains le considèrent acide, avec un pH estimé entre 4,31 et 6,02, d’autres lui attribuent plutôt des propriétés alcalinisantes (indice PRAL de –0,3/100 g.).

Vertus

Le miel contient deux protéines qui expliquent ses propriétés antibiotiques:

  • des inhibines, qui freinent ou inhibent la reproduction des bactéries ;
  • des défensines (protéines qu’on trouve chez divers vertébrés et invertébrés, dont insectes) et qui jouent un rôle chez l’homme, dans le système immunitaire). Un dysfonctionnement de cette protéine provoque des maladies chroniques, dont la maladie de Crohn.

L’abeille en produit et en ajoute au miel dans lequel elles semblent maintenir leurs propriétés immunitaires, au profit des larves d’abeilles.

Désoperculation des cadres de miel

Des Néerlandais ont récemment montré que ces défensines étaient la substance la plus antibiotique naturelle du miel. Elle s’est montrée in vitro active contre Bacillus subtilis ou contre des souches d’Escherichia coli multirésistantes aux antibiotiques, ou contre des staphylocoques responsables d’infections nosocomiales, comme Staphylococcus aureus (staphylocoque doré) résistante à la méticilline, Pseudomonas aeruginosa résistante à la ciprofloxacine et Enterococcus faecium résistante à la vanc.